Tout le milieu de la musique traditionnelle québécoise est en deuil aujourd’hui.

Philippe Bruneau s’est éteint hier, dimanche 7 août

par BRUNEAU Joanne

Chef de fil, maître et virtuose de l’accordéon, compositeur exceptionnel et de réputation internationale, ardent défenseur d’un répertoire et de la musique traditionnelle québécoise, Philippe Bruneau s’est éteint, dimanche le 7 août 2011, à 19h00 (heure du Québec) à l’hôpital, dans le sud de la France, à l’âge de 77 ans. Il luttait contre le cancer et suivait des traitements rigoureux depuis deux ans. En France, il laisse dans le deuil son épouse Corinne et sa fille Bernadette, et au Québec, six enfants, deux frères, deux sœurs ainsi que tout le milieu de la musique traditionnelle.

Philippe Bruneau est né à Montréal, le 22 septembre 1934. Jusqu’à la fin de sa vie, il aura défendu la pureté et la beauté de notre musique traditionnelle qui a autant de valeur disait-il que celle de tous les autres pays. Il aura composé plus de 300 pièces musicales en forme d’hommage (généralement dédiés à des gens du milieu : musiciens, danseurs, personnages marquants). Ces hommages sont d’une qualité et originalité encore inégalées de nos jours.

Ce que l’on retiendra de ce grand musicien et homme de grande foi c’est sa grande intégrité, sa générosité à donner gratuitement sa musique telle qu’il l’a concevait, c’est-à-dire avec simplicité, rythme, respect du genre, émotion et avec beaucoup de beauté. Ses interprétations et compositions savaient souvent trouver le chemin fragile de notre âme, quand il jouait ces mélodies composées pour le concert et soulevait assurément tous les pieds, quand il interprétait des pièces pour la danse.

On se rappellera que Philippe Bruneau est un des rares artistes qui ait refusé le prix du Québec (Gérard-Morissette) en 1991 et la bourse de 30,000 dollars qui était attachée, malgré sa grande pauvreté matérielle. (voir article du Centre Mnémo à cet effet)

Malgré qu’il vivait en France depuis 1991, son cœur et toute sa musique sont demeurés profondément attaché au Québec. Il était en quelque sorte, « Un Canadien errant », mélodie bien connue des Québécois qu’il avait su si bien interpréter avec de magnifiques variations.

L’héritage qu’il laissera au québécois et aux québécoises et à tous les musiciens et musiciennes qui aimaient l’accordéon et la belle musique est indéniable. Jamais nous ne t’oublierons. Merci pour tous les sacrifices que tu as faits pour ton peuple qui n’a pas su te reconnaître à temps et pour la valorisation de notre magnifique musique.

Joanne Bruneau, fille de Philippe Bruneau